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Jachère


Jachère
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La jachère est une forme de rotation pendant laquelle aucune culture n'est plantée afin de permettre au sol de retrouver son potentiel de production optimal. La jachère et la rotation de culture permettent également de réduire ou éliminer les populations de charançons et de nématodes parasites du bananier. En effet, ces parasites ont besoin d’une plante hôte, en l’occurrence les racines du bananier, pour se développer. La technique utilisée, la période de temps et l’occupation du terrain sont déterminants pour assurer un bon assainissement de la parcelle. Une analyse du sol est recommendée avant de procéder à la replantation.

Méthodologie

La jachère dont l'objectif est de créer un vide sanitaire repose sur deux pratiques: la jachère améliorée et les fossés d’isolation hydrique.

Jachère améliorée

Une jachère améliorée se définit par la bonne élimination des résidus de culture, la sélection du couvert végétal et le temps de repos du sol. Lorsqu’une parcelle de banane n’est plus productive et connait une infestation importante de nématodes parasites ou de charançons, la jachère est une alternative intéressante afin d’assurer une replantation de qualité. 

Cette pratique débute par l’élimination stricte des pieds de bananiers, ainsi que des rejets et rhizomes, par injection d’herbicides dans le pseudotronc ou destruction mécanique.  Avant l’injection, les régimes et fleurs doivent être coupés. Le produit doit être injecté à une hauteur moyenne (1m ou 1m50). La circulation de la sève permettra à l’herbicide d’atteindre toutes les parties de la plante. L’injection d’herbicide est plus efficace pour détruire les foyers d'infection potentiels. Une étude a démontré qu'entre 10 et 15% des plants sains replantés étaient infectés par des nématodes après 9 à 12 mois, comparativement à 75 et 80% après destruction mécanique[1]. Il est égalelement recommandé d'enfouir les résidus 2 à 3 semaines après le traitement. Les repousses de bananier et de plantes hôtes de nématodes doivent être éliminées pendant la durée de la jachère. La durée de jachère doit être de plus d’une année pour avoir une bonne efficacité de l’assainissement.

Jachère avec plante de couverture

Une jachère avec un couvert végétal  permet de limiter la pousse d’adventices et, selon l'espèce sélectionnée, contribuer au contrôle des nématodes[2]. Une rotation avec une plante de couverture, ou une culture, est plus efficace contre Radopholus similis que contre le nématode des lésions racinaires Pratylenchus coffeae, qui occupe une niche écologique plus large (graminées communes et autres cultures). Par exemple, la densité de Radopholus similis a été réduite à un niveau indétectable suite à des jachères de deux ans pendant lesquelles Asystasia gangetica et Chromolaena odorata ont été plantées comme plantes de couverture[3].

En cas de jachère de régénération de sol, certaines plantes légumineuses qui fixent l’azote de l’air, allient aussi une forte production de biomasse en plus de restructurer le sol avec leur système racinaire. Une légumineuse annuelle peut également être mélangée avec une graminée pérenne. Brachiaria decumbens est une excellente plante de couverture pour une jachère améliorée de bananeraie par plusieurs aspects: biomasse qui peut être utilisé comme fourrage, rapide couverture du sol, non-hôte de parasites, amélioration de la fertilité et de la structure du sol.

Fossés d'isolation hydrique

Les fossés d’isolation hydrique permettent de protéger une parcelle en jachère ou déjà assainie. La dispersion de Radopholus similis peut, en effet, être facilitée par les eaux de ruissellement de surface provenant de parcelles infestées. Des fossés de 50 à 80 cm de profondeur ralentissent la dissémination et peuvent permettre de gagner jusqu'à trois ans. Dans le cas du charançon Cosmopolites sordidus, une ceinture de pièges à phéromones (1 piège tous les 20 m) peut contrôler sa migration vers une parcelle voisine en production.

Replantation

Après une jachère ou une rotation culturale avec une culture non-hôte, le sol de la parcelle doit être analysé afin de déterminer si la parcelle est prête à être replantée. Afin de protéger les parcelles assainies, il est recommendé de planter des plants provenant de parcelles saines ou des plants produits par culture de tissue. Les conditions de sevrage et d’endurcissement de ces derniers doivent limiter les risques de contamination en filtrant l’eau d’irrigation (5 μm de maille). Les vitroplants sont également fragile aux attaques au moment de la plantation. Une analyse des racines est recommendée 2 mois après la plantation afin d'évaluer le pourcentage d’infestation. La plantation peut se réaliser sur un sol travaillé ou directement sur le mulch de la jachère.

La combinaison des deux pratiques (jachère et replantation avec vitroplants) permet de retarder les infestations de nématodes et de différer ainsi l’application des nématicides pendant  1 à 2 ans, soit une économie de 4 à 8 traitements[3]

Egalement sur ce site web

Pratiques pour réduire l’application des pesticides

 

Cette page fait partie d'une série coordonnée par le Forum Mondial de la banane et financée par le Ministère français de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.Wh