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Piégeage à phéromones


Piégeage à phéromones

Pheromone pitfall trap

Photo: Nicolas Fégeant, UGPBAN

Le piégeage à phéromones est une technologie qui utilise les phéromones (des substances chimiques odorantes émises par la plupart des organismes) pour attirer les insectes dans un piège. Dans les bananeraies, les pièges à phéromone sont utilisés contre le charançon du bananier (Cosmopolites sordidus). La démonstration que le charançon mâle sécrète une phéromone d’agrégation remonte à 1993[1]. Peu après, le principal composé de cette phéromone (C11H20O2) a été isolé et dénommé sordidine[2].

Méthodologie

Les éléments de base de cette pratique sont le piège (généralement un piège à fosse ) et l’attractif.

Le piège

Piège à fosse (photo: N. Fegeant, UGPBAN).
Piège à fosse (photo: N. Fegeant, UGPBAN).

Le piège à fosse consiste en une petite boîte en plastique jaune (pour être vue de loin). La partie inférieure est enfouie dans le sol; elle peut être vide ou remplie d’eau savonneuse. Le chapeau, ou partie supérieure, vient fermer le piège. Il contient la dose de phéromone. Un espace entre les deux parties permet aux charançons d’entrer et de tomber dans le piège. L’ouverture est suffisante pour l’insecte et limite l’entrée de résidus de culture ou de la terre.

L'attractif

L’attractif, une sordidine synthétisée par voie chimique également commercialisée sous le nom de Cosmolure, est souvent associée à un synergiste, comme l’acétate d’isoamyle. La sordidine attire les adultes dans un périmètre de 10 à 20 mètres à la ronde[3].

Usages

Les pièges à phéromone sont utilisés à deux fins : pour évaluer l’état d’infestation de la parcelle ou pour le trappage de masse. Dans le premier cas, 4 pièges par hectare est la densité recommandée. Pour le contrôle des populations dans une bananeraie, entre 8 et 16 pièges  à phéromones sont recommandés. Il est également recommandé de vérifier les pièges régulièrement (2 fois par mois) afin de collecter les insectes piégés.

La position des pièges devrait être changée régulièrement (tous les mois). La densité des pièges, leur forme et les facteurs agro-climatiques (tel que le vent, l’humidité relative et les précipitations) ont un impact sur leur efficacité. Par exemple, les pluies peuvent gêner la dispersion de la phéromone à plus longue distance. Pour un contrôle efficace, la gestion du piégeage doit se faire au niveau d’une plantation entière, et tenir compte de la présence de parcelles avoisinantes à risque (jachères ou parcelles abandonnées) pour évaluer les migrations possibles. Il serait par exemple très risqué de planter une nouvelle parcelle, dont les jeunes plants sont très attractifs pour le charançon, près d’une jachère.

Du fait que les phéromones n’attirent que les adultes en mouvement, le dispositif de piégeage ne peut à lui seul résoudre tous les problèmes causés par une infestation forte, étant donné que dans une plantation établie près de 75% des charançons sont sédentaires à la plante[4]. D’où l’importance de prévenir les infestations.

Il est recommandé, avant de planter une nouvelle parcelle, de piéger les charançons qui pourraient s’y trouver. La parcelle devrait également être plantée avec du matériel de plantation sain. Mais étant donné que les jeunes plants peuvent attirer les charançons de parcelles avoisinantes, il est recommandé de mettre en place une barrière sanitaire en installant des pièges à phéromones sur les contours de la nouvelle parcelle (1 piège à tous les 20m). Cette technique semble efficace durant les premiers mois après la plantation .

Références

1. Budenberg, W.J., Ndiege, I.O. and Karago, F.W. 1993. Evidence for volatile male-produced pheromone in banana weevil Cosmopolites sordidus. Journal of Chemical Ecology 19(9):1905-1916.
2. Beauhaire, J., Ducrot, P.H., Malosse, C., Rochat, D., Ndiege, I. O. and Otieno, D. O. 1995. Identification and synthesis of sordidin, a male pheromone emitted by Cosmopolites sordidus. Tetrahedron Letters 36:1043-1046.
3. Tinzaara, W., Tushemereirwe, W. and Kashaija, I. 1999. The potential of using pheromone traps for the control of the banana weevil Cosmopolites sordidus Germar in Uganda. p.327-332. In: Frison, E.A., Gold, C.S., Karamura, E.B. and Sikora, R.A. (eds.). Proceedings of Workshop on banana IPM, Nelspruit (ZAF), 1998/11/23-28. Mobilizing IPM for sustainable banana production in Africa: Proceedings of a workshop on banana IPM. INIBAP, Montpellier (FRA).
4. Tixier, P., Vinatier, F., Cabrera Cabrera, J., Cubas, A.P., Okolle, J.N., Chabrier, C. and Guillon, M. 2010. Integrated pest management of black weevil in banana cropping systems. From Science to Field Banana Case Study Guide. ENDURE, Paris (FRA). 4p.

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Cette page fait partie d'une série coordonnée par le Forum Mondial de la banane et financée par le Ministère français de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.Wh